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Sandra, dans tous ses états

L'improbable après-midi

6 Juillet 2010, 06:20am

Publié par Sandra

 

 

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Il y a quelques années, par un bel après-midi d'été, j'entraînais ma dulcinée dans ma librairie préférée.

 

Le bazar régnait alors dans le rayon BD, même un prestigieux gro volume de Tardi était posé en vrac. Mon sympathique libraire vint tailler la bavette avec sa tête récurrente des lendemains de fête. Une fois qu'il m'eut déroulé le récit de sa soirée d'excès, il remarqua enfin le bronx dans son rayon. Agacé de voir l'onéreux ouvrage de Tardi ainsi malmené, il me demanda si j'étais responsable du manque de considération envers le pavé à la couverture fragile. Un peu outré qu'il me prenne pour un sagouin, je lui répond par la négative. Rassuré, il remarqua enfin la présence de mon amie et posa des yeux de prédateur sur elle. Immédiatement il me revint à l'esprit le second trait de caractère de mon libraire : beau gosse grand amateur de jeunes femmes. Fier comme Artaban et passablement territorial, je m'empressais de lui présenter MA copine.


Mais celle-ci ne semblait guère apprécier l'instant. À ma grand surprise elle m'indiqua qu'elle prenait congé et déserta la librairie en un clin d'oeil m'obligeant à renoncer à mes achats pour la poursuivre dans la rue.  Aller s'enfermer dans une librairie par un si bel après-midi n'était visiblement pas à son goût. Une fois rattrapée je lui demandais des explications sur son départ précipité pour le moins surprenant. Et là, pour toute réponse, elle exige que nous rompions sur le champ !
...
J'atterris brutalement. 
...
Que venait-t-il de se passer ? Avant d'entrer dans cette librairie nous plaisantions en nous tenant la main...
Incompréhensible ! Comment peut-on être aussi lunatique ? En l'espace de quoi ? dix minutes ? Et pourquoi je n'avais encore jamais perçu chez elle une telle capacité de revirement ? C'était si soudain, si brutal... Totalement illogique.

 

Nous reprenions maintenant le trajet vers chez elle alors que je lui demandais la raison de se revirement (en fait je la poursuivais plus qu'autre chose, tant elle avançait au pas cadencé) Et là, elle fait de nouveau volte-face et m'accuse de l'avoir trompé la veille dans une soirée !
... 
J'atterris brutalement, 2ème !

Ce n'est pas possible ! Sur le coup je pense qu'elle prêche le faux pour savoir le vrai pour me tester... 
Non. 


Elle est visiblement blême de rage, elle croit dur comme fer à son histoire ! Serait-il possible qu'une personne colporte des ragots à mon sujet ? Qui ? Elle refuse de répondre. Pourquoi elle n'en parle que maintenant alors que tout allait bien il y a dix minutes ? À force d'insistance, elle finit lâcher le morceau: je viens d'en parler avec le libraire juste devant son nez !
...
J'atterris brutalement, 3ème !

 

Mon dieu... elle est folle ! Elle a des hallucinations auditives ! Complètement folle ! Je sors avec Jeanne d'Arc et je ne me suis rendu compte de rien ! Les larmes me montent aux yeux, depuis des mois je suis avec une vraie timbrée, une zinzin ! Je vais DEVOIR me séparer d'elle ! 
...
NON ! Impossible ! Il doit y avoir une raison logique, je suis cartésien, je vais trouver ! Je lui répète le contenu de la discussion dans la librairie et j'essaye de lui faire observer la complète folie de son raisonnement. Elle doute enfin et m'accorde un moment de réflexion. Après une demi-heure de remue-méninges, je retrouve l'exact enchaînement des dialogues échangés dans la librairie et là, c'est le déclic !

 

Soulagé, j'éclate d'un rire libérateur.
Le libraire me raconte sa soirée de débauche aperçoit le livre de Tardi et me dit: - C'est toi qui a pris Céline ? ("voyage au bout de la nuit" de Céline, illustré par Tardi !!! )
- Non ! Tiens je te présente ma copine ! 
Évidemment, dans l'esprit de ma dulcinée je cherchais à faire taire le libraire qui dévoilait ma coucherie de la veille avec la fameuse Céline en lui signalant la présence de mon "officielle".
L'histoire ne s'arrêta pas là, durant la dispute qui avait suivi cet incroyable quiproquo, je m'étais gaussé, je l'avais traitée de folle... Manifestement, dans l'épreuve, je m'étais désolidarisé... Ce qui à ses yeux était impardonnable...
 

 

 


Quelque part, cette journée fut le début de la fin de notre relation...


 
     
Loïck

 

 

 

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Commenter cet article

Barbara 06/07/2010 21:31



Je suis où, au boulot comme d'hab.


 


J'aime beaucoup ce texte. C'est grave que la copine s'est montée un film toute seule. Mais lui est pas mieux à penser vivre avec une folle. Bref ...


J'aimerai bien savoir d'où s'est tiré?



Carole 06/07/2010 16:38



Je la trouve un peu grave sur ce coup la copine! tout ce délire pour une phrase happée! Bon vent j'aurais dit!